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Points clés à retenir
- Annulation : Le Conseil d’État a annulé un décret de 2025 qui élargissait l’interdiction du plastique dans les cantines.
- Vice de forme : La décision est fondée sur un vice substantiel, un décret ne pouvant aller au-delà de la loi.
- Conséquences : Cette annulation fragilise le calendrier d’application de la loi Egalim et constitue une victoire pour les industriels du plastique.
Le Conseil d’État annule un décret sur le plastique en cantine
Je constate que le Conseil d’État a rendu une décision importante jeudi dernier. Il a annulé un décret clé qui encadrait l’interdiction des plastiques dans les cantines scolaires. Cette annulation, fondée sur un vice substantiel dans la rédaction du texte, représente un revers juridique notable pour le gouvernement et fragilise l’application de la loi Egalim.
Une victoire revendiquée par les plasturgistes
À l’origine du recours, le syndicat Plastalliance revendique une victoire totale. Son représentant a salué auprès de l’AFP une « très belle victoire ». L’organisation estime même que « l’ensemble de l’interdiction s’effondre » suite à l’annulation des définitions des contenants concernés. Je vois ici l’illustration d’un conflit classique entre les objectifs environnementaux et les intérêts économiques d’une filière industrielle.
Le périmètre initial de la loi Egalim et son extension
Pour bien comprendre, je dois rappeler le cadre initial. Adoptée en 2018, la loi Egalim prévoyait l’interdiction, au 1er janvier 2025, des contenants alimentaires de cuisson, de réchauffe ou de service en plastique dans :
- Les cantines scolaires et universitaires.
- Les structures accueillant des enfants de moins de 6 ans.
La loi Agec avait ensuite étendu cette mesure aux services hospitaliers de pédiatrie, d’obstétrique et de maternité, avec un délai supplémentaire jusqu’en 2028 pour les petites communes de moins de 2 000 habitants.
L’extension illégale du décret de 2025
Le problème est venu du décret du 28 janvier 2025. Pris après l’entrée en vigueur de la loi, il avait élargi le périmètre d’interdiction en y incluant la vaisselle et les couverts en plastique. Cette extension a été jugée illégale par le Conseil d’État. Je rappelle un principe fondamental du droit : un décret d’application ne peut pas aller plus loin que la loi qu’il est censée mettre en œuvre.
D’ailleurs, la ministre de la Transition écologique de l’époque, Agnès Pannier-Runacher, avait elle-même reconnu cette « fragilité juridique », soulignant ce principe essentiel.
Les implications et l’avenir de l’interdiction
Cette décision crée une situation d’incertitude. En résumé :
- L’interdiction des contenants de cuisson et de réchauffe (barquettes, etc.) prévue par la loi Egalim reste théoriquement en vigueur.
- L’interdiction de la vaisselle et des couverts (assiettes, gobelets, couverts jetables), ajoutée par le décret, est annulée.
- La définition précise des « contenants » concernés est remise en cause, ce qui ouvre la porte à des interprétations et des contentieux.
Pour conclure, cette annulation montre la complexité de la transition écologique sur le plan juridique. Elle oblige le législateur à être extrêmement précis et laisse les collectivités locales dans le flou quant aux équipements qu’elles doivent acquérir pour se conformer à la loi. La balle est désormais dans le camp du gouvernement et, potentiellement, du Parlement pour clarifier le texte par une nouvelle loi.

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