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Points clés à retenir
- Unité affichée : Les 32 pays membres réaffirment leur attachement à l’article 5 et leur soutien à l’Ukraine.
- Ambivalence américaine : Donald Trump oscille entre ton conciliant et critiques virulentes, notamment envers l’Espagne et sur le Groenland.
- Transformation en cours : L’Alliance veut devenir plus européenne, mais le chantier reste vaste.
Un sommet sous le signe de l’unité retrouvée
Le sommet de l’Otan qui s’est tenu à Ankara, en Turquie, a été marqué par une déclaration finale commune réaffirmant l’engagement indéfectible des alliés envers la clause d’assistance mutuelle, l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord. Cette clause, pierre angulaire de l’Alliance, stipule qu’« une attaque contre un Allié est une attaque contre tous ». Les 32 pays membres ont également renouvelé leur soutien sans faille à l’Ukraine, en guerre contre la Russie, soutenant que cette solidarité « contribue à la sécurité transatlantique ».
Le chancelier allemand Friedrich Merz a salué cette unité, déclarant : « Je retourne en Allemagne avec le sentiment que l’Otan reste unie, qu’elle devient plus forte et plus européenne. » De son côté, le président américain Donald Trump a employé un ton inhabituellement doux, affirmant qu’« il y avait beaucoup d’amour dans la pièce » et que « tout était magnifique ». Il a aussi loué son hôte turc, Recep Tayyip Erdogan, qu’il a qualifié de « grand leader très puissant ».
Les critiques américaines contrastent avec l’apaisement
Ce ton conciliant rappelle celui du sommet de La Haye en 2025, où Donald Trump avait célébré un « succès monumental » après l’engagement des pays à consacrer au moins 5 % de leur PIB à la défense. Pourtant, quelques heures avant ce sommet, le président américain avait ressassé des griefs anciens : il a déploré que l’Otan ne l’ait pas aidé face à l’Iran, qu’il qualifie de « principal État soutenant le terrorisme ». Il a également exprimé sa frustration de ne pas avoir pu s’emparer du Groenland, qu’il considère comme un « grand problème », estimant que cette île est stratégique pour les États-Unis mais négligée par le Danemark.
Donald Trump s’en est aussi vivement pris à l’Espagne, qu’il a qualifiée de « cause perdue », annonçant une cessation des échanges commerciaux avec ce pays en raison de son manque de participation aux dépenses de défense de l’Otan. Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a toutefois assuré avoir eu un échange « courtois » avec le président américain, saluant des relations « très positives ».
La gestion des relations transatlantiques
Le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, a tenté de préserver l’unité affichée, déclarant : « Je suis là pour préserver l’unité de l’Alliance. » Il a souligné qu’il évitait de commenter publiquement les frictions entre alliés, insistant sur l’engagement total des États-Unis au sein de l’Otan. Il s’efforce depuis des mois de démontrer à Donald Trump que les promesses de hausse des dépenses de défense sont suivies d’effets, chiffres et graphiques à l’appui.
Un consensus se dégage : l’Alliance doit devenir plus européenne et moins américaine. Mais comme le soulignent de nombreuses sources, le chantier est immense. Pour l’Ukraine, Donald Trump a annoncé autoriser Kiev à fabriquer des missiles Patriot, essentiels pour contrer les missiles balistiques russes. Il a aussi estimé que les frappes ukrainiennes en Russie, bien que constituant une « escalade », pourraient in fine contribuer à mettre fin à la guerre.
Le prochain sommet de l’Otan est prévu en Albanie, mais des discussions diplomatiques évoquent la possibilité d’espacer les sommets, notamment pour éviter de potentielles réactions américaines.
En résumé, ce sommet d’Ankara a montré une Otan unie sur le papier, mais traversée par des tensions réelles, notamment autour du rôle des États-Unis et des critiques de Donald Trump. Pour conclure, l’Alliance devra poursuivre sa transformation pour s’adapter aux défis sécuritaires actuels tout en gérant les divergences internes.

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