Jeunes NEET : des ateliers pour les sortir du chômage et de l’isolement

Face à la hausse du chômage chez les jeunes, des associations comme Konexio mettent en place des ateliers de remobilisation. Témoignages et résultats.

Temps de lecture : 4 min

Points clés à retenir

  • Profil type : Les jeunes NEET (ni scolarisés, ni en emploi, ni en formation) cumulent souvent perte de confiance et décrochage précoce.
  • Méthode éprouvée : Des formations courtes, des hackathons et un suivi personnalisé permettent de les (re)mettre en lien avec le monde professionnel.
  • Bilan positif : Six mois après l’accompagnement, la majorité des participants retrouvent une formation, un stage ou un emploi.

Qui sont les jeunes NEET et pourquoi sont-ils en difficulté ?

Ils s’appellent Jémira, Ayoub ou d’autres prénoms. Ces jeunes de 16 à 29 ans sont ce que l’on appelle les NEET : « Not in Education, Employment, or Training ». Autrement dit, des jeunes qui ne sont ni scolarisés, ni en emploi, ni en formation. En avril 2026, alors que le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A a baissé de 1,2 % au premier trimestre, cette frange de la population reste particulièrement inquiétante. Selon l’Insee, les jeunes qui ont abandonné leurs études sont bien plus exposés au chômage que les autres. Leur parcours est souvent marqué par une perte de confiance en soi et un sentiment d’échec, parfois dès le collège.

Des formations courtes pour reconstruire un projet professionnel

Pour remédier à cette situation, des associations comme Konexio interviennent en partenariat avec les missions locales. À Nanterre, une douzaine de jeunes participent à une formation de deux mois intitulée « Explore ton Talent ». L’objectif est de leur redonner les bases nécessaires pour envisager une insertion durable. Concrètement, les ateliers portent sur :

  • Les compétences numériques : savoir envoyer un mail, utiliser un ordinateur.
  • Les mathématiques, la physique et le français avec des révisions adaptées.
  • La recherche d’emploi : rédaction de CV, préparation aux entretiens.
  • L’orientation professionnelle grâce à un accompagnement personnalisé.

« On a des jeunes qui ne sont plus en emploi ni en formation depuis très longtemps, qui parfois ont quitté leur parcours depuis le collège. Il y a une perte de confiance, parce qu’ils ont l’impression d’avoir vécu de l’échec. » — Zoé Coleou, coordinatrice chez Konexio

Le hackathon, un exercice pour oser s’exprimer

Parmi les outils les plus innovants utilisés par Konexio, le hackathon occupe une place centrale. Il s’agit d’une compétition où les jeunes doivent débattre et proposer une solution à un sujet de société tiré au sort. Par exemple : « Imaginez une solution simple et innovante qui permette de lutter contre les écrans chez les tout-petits. » Ce format permet de :

  • Développer la prise de parole en public.
  • Apprendre à travailler en groupe.
  • Gagner en écoute et en assertivité.
  • Sortir de sa zone de confort.
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Pour Ayoub, 17 ans, qui a quitté le lycée après la seconde, cet exercice a été une révélation : « Ça me pousse à m’exprimer davantage, ça me rend moins timide. Maintenant, je cherche des formations certifiantes pour obtenir quelque chose qui rivalise avec le bac. »

Le rôle clé des entreprises pour briser les préjugés

Ces ateliers ne sont pas seulement destinés aux jeunes. Les entreprises sont également invitées à participer, comme Manpower Groupe. Alizée, cheffe de projet, témoigne : « On se met au même niveau qu’eux. Il n’y a pas de différence de niveau, alors qu’ils vivent des difficultés que l’on ne connaît pas. On échange sur nos passions, on crée des liens. » Ce type de rencontre permet de dépasser les préjugés liés aux CV et aux lettres de motivation.

« C’est aussi l’occasion pour ces entreprises de poser un regard différent sur ces jeunes, de voir ce dont ils sont capables hors d’un parcours de recrutement classique. » — Andreea, directrice de projet au collectif Big Bloom

Des résultats concrets et encourageants

Pour conclure, ces initiatives portent leurs fruits. Selon Konexio, six mois après la formation, la majorité des jeunes ont repris des études ou obtenu un stage ou un emploi. Un chiffre qui démontre l’efficacité d’une approche combinant soutien psychologique, compétences techniques et immersion dans le monde professionnel. En résumé, ces ateliers ne se contentent pas de donner un coup de pouce : ils offrent une véritable seconde chance à des jeunes qui en avaient perdu l’espoir.

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